Audioguide
L'idée de créer la Reunión de Cante Jondo à La Puebla de Cazalla est venue chez l'artiste Eduardo Carretero, lors d'une rencontre avec le cantaor José Menese et Francisco Moreno Galván. Francisco s'occupait de la direction, de la commission des listes d'artistes, de la scénographie et de l'affiche du festival.
Pour Francisco Moreno Galván, le flamenco n'est pas seulement une discipline musicale, mais c’est aussi un moyen de lutte et de résistance. Ses textes abordent des thèmes comme la pauvreté du monde paysan andalou ou la répression du régime franquiste, d'une manière métaphorique pour contourner la censure.
Nous pouvons voir quelques-unes des affiches originales créées par Francisco Moreno Galván pour La Reunión de Cante Jondo. Il élève ici l'affiche au rang d'art. Il façonne son apprentissage pendant son séjour à Madrid. Le cubisme, le collage, le côté tragi-informel du noir et blanc et le trait affirmé sont caractéristiques de ces compositions. Le chant, la danse, la femme, la guitare, le silence, font partie du patrimoine culturel du flamenco que Francisco Moreno Galván salue à travers sa peinture. Il illustre l'esthétique flamenco du jondo qu’il définit lui-même comme cela :
« Le flamenco est le moyen le plus efficace pour pénétrer le cœur des hommes. Dans aucun autre art, on ne peut arriver à exprimer la réalité et la cruauté de la vie comme dans le flamenco. Il est à la fois courage et tendresse, espoir et désespoir. Il est en même temps l'éclosion, la vie et la mort. C'est la plus belle manière de dénoncer ou de protester. Mais le flamenco, c'est surtout de la rage. On ne peut pas le chanter correctement si on ne le fait pas avec colère. »